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Les Émotions, amies ou ennemies ?

Dernière mise à jour : 14 mars 2023

“ Être vert de rage, avoir les larmes aux yeux, pleurer de joie, avoir la gorge nouée, trembler comme une feuille, avoir la chair de poule, être rouge de colère, avoir une peur bleue, ne pas en croire ses yeux, être sur un nuage, avoir un regard noir, piquer un fard, avoir les mains moites…”


Nous avons tous prononcé au moins une de ces expressions. Mais sommes-nous réellement conscients que se niche derrière ces petites phrases une émotion qui souhaite se faire entendre et qui a une fonction bien précise ?


Une émotion, qu’est-ce-que c’est ?


Une émotion est une réaction d’adaptation face à une situation que nous vivons. Elle est générée comme une réponse à un évènement / un besoin, interne ou externe. Elle n’est donc ni volontaire, ni raisonnée.

Ce processus émotionnel se déroule en deux temps : une manifestation physique, incontrôlable (ex : j’ai peur, je sursaute) puis une action (s’il y a un danger, je fuis ou si finalement pas de danger, je me relâche).


Les émotions sont une ressource universelle. Nous naissons tous avec “un capital émotions”, mais notre capacité d’expression diffère d’un individu à l’autre pour la simple raison que nous avons tous une histoire singulière.

On dénombre 6 émotions de base ou émotions primaires, desquelles découlent les secondaires.


Les 6 émotions de base/primaires et ce qu’elles énoncent :


  • la joie : un vécu positif d’une situation, procuration de bien-être donc renouvellement

  • la tristesse : la douleur, un changement, la perte

  • la colère : l’insatisfaction, la non-réponse à nos besoins fondamentaux

  • la peur : la présence d’un danger et l’incitation à fuir

  • la surprise : un changement inattendu

  • le dégoût : un rejet face à une situation (ou personne), désagréable et/ou nocive.


Les émotions secondaires :


  • la honte, le plaisir, l’angoisse, la méfiance, la satisfaction, la culpabilité… pour n’en citer que quelques unes.



A quoi servent-elles ?


Les émotions nous permettent de comprendre ce qu’il se passe en nous lorsque nous traversons un évènement.

Elles nous poussent également à agir, à résoudre des conflits (attentes/réalité), à entrer en relation avec les autres et à manifester notre état d'être. Elles sont toutes légitimes et absolument nécessaires à notre équilibre global.


Beaucoup d’entre nous les classifient selon leur évocation : positives ou négatives. Spontanément, nous avons donc tendance à accueillir plus facilement les émotions positives et à souhaiter leur prolongation tant l’expérience est agréable. Et à l’inverse, à tenir à distance les négatives qui nous ramènent à des situations inconfortables, douloureuses voire nocives. On se dit qu’ainsi “tout ira bien car on a évité le pire !”.


Mais c’est un leurre. Les émotions ont des compagnons de route qui s’appellent les ressentis. Alors oui on a éloigné l’émotion mais eux sont toujours là, collés au corps et vont induire un état d’être. En effet, ces compagnons vont s’agglutiner, grossir, grossir jusqu’à prendre toute la place et… déborder.


Il est nécessaire, vous l’aurez compris, de trouver un équilibre afin qu’elles ne deviennent pas envahissantes au point de nous empêcher de. Et pour trouver cette harmonie, il faut dans un premier temps pouvoir les identifier, puis les accueillir et les exprimer.



Oui c'est bien gentil tout ça mais comment fait-on ?


Et bien il n’y a qu'une solution, c'est accepter d'y accéder et de s'y confronter.

Quand la pression devient trop forte, on se rend bien compte que ça ne va pas et souvent cet état s’accompagne d’une question parmi d’autres “mais je ne comprends pas pourquoi je réagis ainsi.”


L'identification de ses émotions ne peut se faire n'importe comment. Commencer à se poser ces questions n’est que le début du processus.

Il ne suffit pas seulement de se dire “Allez, quelle émotion je ressens ?” pour pouvoir y accéder pleinement, il va falloir apprendre à créer un espace propice pour sa mise en lumière.

Ce sera notamment en se détendant, oui c’est facile à dire, mais lâcher-prise s’avèrera être la première chose à faire pour commencer et ce, de la manière qui vous séduira le plus : méditation, yoga, danse libre etc …


Puis il s’agira d’accepter de faire comme un petit scan de votre corps et de ce qui s'y passe. Rappelez-vous, les ressentis sont les manifestations physiques des émotions : les endroits où l’on ressent des tensions, des nœuds, des frissons…

Il faudra ensuite relier ces ressentis aux émotions.


Une fois que l’on aura réussi à lâcher-prise, à se reconnecter et à prendre conscience de ses ressentis et des émotions associées, il conviendra de continuer le cheminement afin d'éprouver pleinement cet état d’être. C’est ce que l'on appelle être à l'écoute de soi.

Être en capacité de s'arrêter et d'accueillir l'émotion qui se présente, de la ressentir, de la regarder et de l'écouter. Ainsi, progressivement nous pourrons comprendre la signification.


Mais ce n'est pas terminé et le plus dur reste à faire. Il s'agit maintenant d'exprimer ses émotions.

Nous savons à quel point cette étape est difficile, prise entre des injonctions tant sociétales, environnementales que transgénérationnelles comme : « les garçons ne pleurent pas ; pleurer est un signe de faiblesse ; les filles sont de vraies madeleines ; un homme doit être fort etc…


Et pourtant.. être capable d'exprimer ses émotions nous donne une place particulière, une pleine place, parce que ce faisant, nous les acceptons et les intégrons comme étant nous. Ainsi l'estime de soi, la confiance en soi et la capacité de savoir ce qui est bon pour nous, peuvent être restaurées progressivement, pour ensuite investir l'espace nécessaire pour des échanges inter-relationnels, sans s'oublier et en considérant pleinement les émotions des autres.




Et comment s'y prendre pour les exprimer ?


Il y a un panel d’outils intéressants à notre disposition pour exprimer ce que nous ressentons. Bien que le plus souvent, la parole soit investie pour énoncer ce que nous vivons intérieurement, bon nombre de supports viennent soutenir cette expression, comme par exemple la pratique artistique : écriture, peinture, dessin, modelage, musique, danse... Aucune n’est meilleure qu’une autre, il suffit d’investir celle qui nous « appelle ».


Qu’est-ce que ça nous apporte quand on trouve l'équilibre dans la gestion des émotions ?


  • une libération des tensions internes, une rééquilibration des échanges physiques et psychiques,

  • un renforcement de l’estime et de la confiance en soi,

  • une meilleure qualité relationnelle,

  • la capacité de s'écouter pleinement et de choisir ce que l'on souhaite et ce que l'on ne souhaite pas vivre, partager,

  • la compréhension de notre fonctionnement, de nos réactions face à notre vécu.


Conclusion


Ressentir des émotions et toutes les émotions y compris la colère, c’est normal. C’est être vivant. Alors on cesse de faire l’autruche et oui on les écoute, on les accueille et on les accepte car il faut se rappeler qu’elles viennent toujours dire quelque chose de nous et que les retenir met à mal notre corps.







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